Pendant que quelques cybersquatteurs s’obstinent à piller les dernières adresses utilisables du net, à l’heure où un nom de domaine en .com à 3 lettres est évalué à plus de 100.000 $, l’Icann, organisme chargé des noms de domaine et de leurs extensions, prépare activement la nouvelle génération des adresses internet.

A l’heure actuelle, quand vous créez un site et souhaitez lui donner une adresse propre, le choix se résume au .fr (ou l’extension de votre pays, suivant une codification rigide, si vous êtes hors de France), et le tryptique .net, .org et bien sûr .com Les autres extensions libérées en 2000 et 2005 (.biz,.pro et .info, pour ne citer que les plus célèbres - ou les moins inconnus) n’ont jamais véritablement percé.
Quand on sait que .com et .net représentaient plus de 80 millions de noms de domaine fin 2007, on imagine le casse-tête des créateurs de site et référenceurs, obligés de jouer sur chaque mot, voire chaque caractère pour identifier chaque nouvelle page : alors nom-domaine.fr, euh .com, ah non c’est pris aussi, on va inverser les deux mots, voir si au pluriel ça passe, ou remplacer le tiret par un caractère de soulignement... Ah tiens c’est pris aussi ?
Stop ! Fini les adresses gadget, fin 2009, les extensions seront totalement ouvertes et libres. On pourra alors voir fleurir des adresses "qui parlent d’elles-mêmes" ; imaginons un iocean.ssii ou un iovision.logiciel ! En outre, les caractères romans ne seront plus les seuls acceptés : des extensions en n’importe quel alphabet - chinois, cyrillique... - pourront faire leur apparition. Les possibilités pour les annonceurs et le référencement des sites sont illimitées, puisqu’on ne sera plus bloqués sur des mots-clés trop génériques ou trop concurrentiels.
L’Icann tente d’anticiper les problèmes qui pourraient naître de cette ouverture, principalement les conflits sur certaines adresses génériques, ou les noms de marque que quelques entreprises mlveillantes pourraient déposer avant de revendre leurs extensions. Le site officiel présente actuellement un premier brouillon de leur appel d’offres, avec lequel entreprises et organisations pourront poser leur candidature pour la gestion d’une nouvelle extension (ou ’gTLD’ pour generic top level domain). A 185.000 $ les frais d’évaluation de dossier par l’icann, on peut légitimement penser que les plaisantins et cybersquatteurs seront mathématiquement sortis de l’équation...
Pourtant, des interrogations demeurent. Si l’Icann est d’ores et déjà très précis sur les étapes de sa future procédure, on reste dans le flou sur les critères de décision. Attribuer .nyc à la ville de New York City, .google à Google et .msn à Microst ne devrait, a priori, pas générer trop de conflit... Quid de termes génériques à forte valeur ajoutée tels les .livre, .boutique, .jeu ? Qui se verra attribuer .logiciel, .cms, .framework, ou encore .ssii ? Et à quel prix les futurs opérateurs cèderont-ils leurs précieuses adresses ?
D’autant qu’on peut émettre quelques doutes sur la capacité du grand public, familiarisé aux .com et .fr, à s’adapter à cette multitude de nouvelles appellations...

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