Le ’cloud computing’ est une expression à la mode ; il s’agit d’un concept consistant à développer des applications qui, au lieu d’être installées proprement sur votre machine, sont installées sur un serveur accessible par internet. Les données suivent alors le même cheminement et sont hébergés sur le net plutôt qu’en local. Dans un monde où le cloud computing aurait remplacé applications, logiciels et utilitaires, nous n’aurions plus que notre système d’exploitation et notre navigateur. Plus de perte de donnée : rien n’est hébergé sur la machine, et les sociétés hébergeant nos serveurs posséderaient des sauvegardes multiples, elles-mêmes décentralisées, nous protégeant contre tout incident : imaginez que des notes sur votre traitement de texte soient hébergées simultanément à Paris, Lyon... Et New York ! Et au niveau des performances, même un ordinateur peu puissant suffirait pour toutes les applications, les calculs se faisant côté serveur. Une comparaison souvent évoquée est celle de l’énergie électrique : nous ne faisons que consommer l’énergie, sa production et sa diffusion sont gérés par de grandes entreprises et de vastes réseaux. A l’heure actuelle, placer toute la puissance de traitement de nos applications dans des machines de bureau reviendrait, en quelque sorte, à avoir une micro centrale nucléaire à domicile, pour son usage personnel.

Le cloud computing n’est pas juste une nouvelle technologie : aux yeux des grands éditeurs des mondes du logiciel et de l’internet, il s’agit d’une véritable révolution pour l’ensemble du monde de l’informatique.
Et la révolution a déjà commencé. Les outils bureautiques nous embarquent dans la première grande étape ; les Google apps, et en particulier Google documents, s’installent petit à petit comme une alternative gratuite aux suites bureautiques, accessibles via de simples navigateurs, et hébergés sur les serveurs du géant du web. Après s’être accroché à ses logiciels hors-ligne, Microsoft a rejoint la bataille et annonce d’ici quelques mois une version web de Microsoft Office, ainsi que d’une plate-forme complète pour le développement d’applications en cloud computing, Windows Azure, d’ores et déjà accessible aux développeurs. Gageons que la fondation Open Office, ou pour le moins son principal contributeur, Sun Microsystems, ne tardera pas à s’engouffrer dans la même brèche.
Malgré ses avantages, le cloud computing soulève aussi d’importantes critiques... Car ce n’est pas un hasard si seuls les plus grands éditeurs, tels Google, Microsoft, IBM, HP, Oracle et Sun, se penchent sur le berceau de ce nouveau concept : qui dispose de la puissance économique pour rechercher et développer les infrastructures nécessaires au cloud computing ? On peut légitimement être inquiet à l’idée d’un monde où l’informatisation d’un milliard d’utilisateurs reposerait entre les mains de quelques dizaines de multinationales... Les Cnil européennes s’inquiètent du comportement du Google vis-à-vis de la vie privée de ses utilisateurs, et l’un des pères fondateurs de l’open source, Richard Stallman, nous met déjà en garde contre les dangers d’un monde où nos données et applications seraient entre les mains de systèmes propriétaires.
Rappelons aussi qu’aux Etats-Unis, le président Obama a décidé de créer un poste de conseiller spécialisé dans les nouvelles technologies, et que ce poste a été confié à Eric Schmidt, patron de Google, après avoir envisagé d’y nommer Bill Gates (ex-patron de Microsoft), ou John Chambers (boss de Cisco) (sources : http://www.ginisty.com/weblog/2008/11/un-chief-techno.html , http://www.zdnet.fr/actualites/informatique/0,39040745,39384751,00.htm ?xtor=RSS-1)...
Toujours prêt à confier vos données au cloud computing ?

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